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Leah Garnett : Quand un espace en rencontre un autre

Installation qui porte sur les diverses manières de façonner l'espace et de le représenter par la transposition sculpturale de matériaux et de sites dans la nature, de lieux de construction et d'exposition.


Leah Garnett, qui est établie à Sackville, Nouveau-Brunswick, et qui enseigne au département des beaux-arts de l'Université Mount Allison, a fait appel à ses souvenirs d'enfance près de chantiers de construction et de boisés dans le Maine rural pour créer Quand un espace en rencontre un autre, installation qui cartographie un passage de son exploration enfantine à sa formation artistique dans une salle de musée.

Le projet a commencé en 2012, dans une forêt du Maine où Garnett a transposé le plan d'une salle de la Owens Art Gallery dans le paysage naturel. Ayant délimité le contour de la salle avec du ruban de construction rose, l'artiste s'est servie de planches pour définir un sentier d'observation. Les planches, qui dans la présente installation ont été remplacées par des « dessins » au ruban adhésif entoilé, rappellent un mouvement passé et proposent une façon de se déplacer dans l'espace du musée. Le voyage de l'artiste d'une galerie d'art de Sackville, vers une forêt du Maine et une résidence dans un studio d'Irlande, est cartographié sur un plan du Musée d'art du Centre de la Confédération : analogues d'arbres, de meubles, de sentiers et de murs disposés selon leurs emplacements dans d'autres sites, lignes et zones de rose, vert et brun réunissent des éléments disparates allant du littéral (échafaudage de colombages en deux po sur quatre po) pour créer des affinités formelles abstraites. L'installation réunit les expériences de l'espace de Garnett dans le paysage naturel et la transparence d'un site en construction; on peut voir à travers les murs et y passer, et, en même temps, lire et mesurer les limites spatiales qui deviendront éventuellement solides.

Le fait d'imaginer et de représenter notre place dans le monde par le biais de la visualisation et de la construction se situe en plein cœur du projet de Garnett. Dans une exposition, les exigences pratiques de la construction sont réfractées par le regard enjoué de l'artiste et on nous rappelle que le passage dans l'espace est ancré par ce qui y était déjà, par ce qui fut et par une projection dans un avenir ouvert. Enfant, nous apprenons à naviguer dans l'espace en découvrant notre propre position mouvante en relation avec les objets et indices visuels qui nous entourent. Du moins partiellement innocents quant à notre utilisation de la terre, des arbres, des murs et des meubles, nous abordons la démarche artistique qui consiste à imaginer des mondes, démarche étroitement concentrée sur l'expérience physique et pourtant détachée des préoccupations du quotidien. Cette fusion de point focal et de détachement est toujours partiale. Ce sont les sensations de l'enfance à moitié oubliées et détachées de leur raison d'être de même que le libre jeu des perceptions qui animent les représentations de l'espace de Leah Garnett.

Pan Wendt, conservateur

4 mars 2017 - 4 juin 2017