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Aganetha Dyck : ouvrières invitées

Cette exposition comprend une ruche vivante ainsi que des œuvres sculpturales et des œuvres à deux dimensions basées sur une collaboration entre l'artiste et des abeilles.


Nous sommes habitués à l'image de l'artiste en tant que créateur protée, un fabricant d'objets qui transcendent le quotidien et ouvrent une fenêtre sur un monde envisageable issu d'un esprit et de mains fertiles et flexibles. Depuis des dizaines d'années, la pratique artistique d'Aganetha Dyck remet ce modèle en question. En invitant des abeilles à modifier tant ses œuvres d'art que des objets du quotidien qui nous définissent, elle renonce à tout contrôle sur les produits finis que nous considérons comme étant les emblèmes de la réussite humaine.

Des luxueuses figurines de porcelaine, en passant par les talons aiguille, les casques de football et l'impressionnant travail de création d'un casier à homards, des objets de perfection nous sont offerts grâce au modeste labeur de tous petits insectes. Pendant la durée de cette exposition, l'espace du Musée sera habité par ces invitées qui sont reliées au monde extérieur par un tube de Plexiglas. Le travail de l'artiste est entrelacé par un projet en cours, une architecture du rayon de miel qui, bien que menacé, perdure et offre son propre modèle de perfection en constante évolution.

Les abeilles et leurs œuvres sont les invitées du Musée. Ceci les place (et place leur impresario) dans une position spéciale de dépendance d'une part et, d'autre part, de transformatrices subtiles. Libres d'aller et venir, elles offrent de leur domicile temporaire une rencontre avec un état d'être différent - organisé collectivement, suivant son propre horaire, nous montrant et nous rappelant le modeste labeur qui permet aux plantes de continuer de pousser et à la nature de maintenir son cycle. Les abeilles sont, bien entendu, des travailleuses, catégorie dont les artistes tentent souvent de se distancer au prix de grands efforts; par son travail avec les abeilles, Aganetha Dyck suggère qu'art et travail soient réunis, étant essentiellement des démarches parallèles. Dyck qualifie ses interactions avec les abeilles d'expériences en matière de « communication interspécifique ». Les insectes nous transmettent un message venu d'ailleurs, leur plate-forme temporaire est tout aussi remplie d'un potentiel de transformation que l'est un retable. Il reste à voir si nous allons le comprendre ou non. Aganetha Dyck : ouvrières invitées. Conservateur, Pan Wendt.


11 juin 2011 - 16 octobre 2011
Aganetha Dyck : ouvrières invitées
Images : 1. Aganetha Dyck, Tout près d'elle, 2007, cire d'abeille sur figurine. Courtoisie de la Michael Gibson Gallery, London, Ontario
2. Dessin d'une abeille d'après E. Assmuss (de la série Dessins de la ruche), 2002, plume et encre sur papier Braille et travail d'abeille. Courtoisie de la Michael Gibson Gallery, London, Ontario