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Catherine Hale : entre l'esprit et la poussière

Rétrospective de la carrière de cette sculpteuse du Nouveau-Brunswick qui comprend des assemblages et des œuvres sur tissu.


Les œuvres d'assemblage et de textiles de Catherine Hale se caractérisent par une beauté sombre et sublime qui pourrait être reliée à l'art gothique; un art qui ne semble pas déplacé parmi l'imagerie et la propension culturelle de la sous-culture contemporaine de l'art gothique. L'exposition consiste en un survol du penchant de longue haleine de l'artiste pour l'esthétique et la culture de la mort. Cela ne signifie pas qu'elle présente des tableaux surnaturels, horribles ou morbides. Ses tableaux sont plutôt empreints d'une poésie visuelle d'élégance formelle et de secrets inédits qui stimule la conscience toujours actuelle de la mort et de sa complexité dans notre vie quotidienne. Construites de matériaux et d'objets trouvés ou déjà assemblés, ces œuvres posent un défi à la société contemporaine qui renforce davantage l'idée de nier ou d'éviter cette réalité si existentielle de la vie humaine : l'inévitabilité de la disparition de la lumière. Pour Hale, le sujet de la mort est central à l'art. Dans son art, elle propose un entretien universel d'ouverture entre la vie et la mort ou, selon la poète américaine Emily Dickinson (1830-1886) : « un dialogue entre l'esprit et la poussière. »

Des contours solennels d'autels et de châsses, des voiles noirs et des structures en forme de cercueils nous transportent vers un domaine funéraire symbolique, une méditation portant sur des thèmes puissants de la métaphysique et de la mortalité. Les ruines délavées de l'histoire, le culte victorien du deuil et les secrets de la tombe sont suggérés dans la juxtaposition soignée d'objets rejetés, de dentelles et de vêtements provenant d'une époque révolue et les possessions résiduelles des défunts qui ont été secourues de l'oubli. Des reliques et des fantômes de ce qui a déjà été et désormais oublié et déplacé ou encore des présences spirituelles du passé sont convoquées au présent, transformées par la construction alchimique de l'artiste pour créer un lien psychique entre la mémoire inconsciente et la culture matérielle de la mort, entre la réalité visible et l'intangible, un champ d'expérience qu'on ne peut connaître directement.
 
Terry Graff
Directeur adjoint et conservateur en chef
Galerie d'art Beaverbrook


Organisée par la Galerie d'art Beaverbrook grâce aux contributions du Conseil des Arts du Canada, la Province du Nouveau-Brunswick, la Ville de Fredericton, la compagnie BMO Nesbitt Burns ainsi que plusieurs amis, associés et membres de la famille de l'artiste.

 







11 février 2012 - 29 avril 2012