Archives des expositions


Christos Dikeakos : Patisserie Duchamp / Puis-je fumer

Cette exposition qui porte sur l'intérêt de longue date de l'artiste pour le travail de Marcel Duchamp et les dimensions érotiques et névrotiques du geste de fumer comprend des sculptures, dessins et photographies dans une présentation de style muséologique.


Cette exposition, imaginée et créée par Christos Dikeakos, réunit dessins, collages, photographies, et sculptures qui témoignent de l'intérêt que Dikeakos porte pour l'œuvre et la réflexion de l'artiste franco-américain Marcel Duchamp (1887-1968) depuis 40 ans. Le sujet abordé en parallèle est le tabagisme - en tant que comportement social, avec ses dimensions et répercussions culturelles - sans jamais avoir pour but de célébrer ou de diaboliser. Dikeakos canalise plutôt les aspects narcotiques et érotiques d'une habitude maintenant socialement inacceptable par le biais de Duchamp, d'indiscrétions métaphoriques et visuelles et de jeux de mots.

Le principe organisationnel du projet de Dikeakos s'inspire des deux éditions de « boîte » de Duchamp; la Boîte verte de 1934 - une vague accumulation de notes pour Le grand verre (1915-1923) - et la Boîte-en-valise produite entre 1941 et 1967. (Une édition de la Série F, 1967, fait partie de la collection du McMaster Museum of Art; le reste de l'édition a été lancé à titre posthume.) Dikeakos y fait référence dans deux œuvres précédentes de nature localement anthropologique, Athens (1887-1996) et Vancouver: Sites and Place Names (1991-1994). En tant qu'inventaire en miniature de sa carrière, les réplicants qui forment la boîte sont parfois considérés comme étant un « fin mépris » de la part de Duchamp envers la mignardise et la vénération que l'on manifeste pour les œuvres d'art « uniques » - ou pour se distancer de la propre production en tant qu'artiste. Et pourtant, il épousait tous les aspects de la production élaborée. Par des arrangements bien ordonnés, la boîte est une œuvre au sujet d'une œuvre, ainsi qu'un « portrait » de l'artiste au travail. Ironiquement, elle retire aussi le conservateur de « l'équation », même s'il incombe au « propriétaire de la boîte » de déterminer certains aspects de la présentation du contenu. Parallèlement, toute tentative de présenter chaque élément est contrecarrée par sa construction et sa conception.

L'entreprise de Dikeakos est, également une œuvre complète - avec des artefacts et des souvenirs du tabagisme qu'il a collectionnés au fil des ans, ainsi que des œuvres de - qui présente le modèle d'un musée dans un musée et le cadre de la recherche visuelle et culturelle. Ce faisant, on peut aussi la décrire comme étant le « théâtre du musée » qui a pour thème l'histoire du comportement humain et de la condition humaine, présenté avec humour et intelligence. Le fait de pouvoir rire de soi est une façon d'apprendre.

Ihor Holubizky
Conservateur principal, McMaster Museum of Art

 


20 octobre 2012 - 10 février 2013
Sans fin (colonne), (détail),1970/1997, composée d'environ 90 boîtes de cigares, installées du plancher au plafond