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Douglas Walker : Autres mondes

Les grandes peintures monochromatiques bleues de Walker simulent les surfaces des céramiques craquelées du XVIIIe siècle et proposent des visites fantastiques d'autres temps et de lieux imaginaires. Mise en tournée par la Dalhousie Art Gallery en partenariat avec la Robert McLaughlin Gallery et la Kelowna Art Gallery


Les peintures bleues sur papier principalement monochromes de Douglas Walker qui datent de la décennie dernière ont été réalisées de façon à rendre hommage à la fois aux illustrations historiques des beaux-arts et aux stratégies de production graphique de l'art brut et de la culture du tatouage. Depuis les quelques dernières années, l'imagerie de Walker tourne autour de trois motifs : paysages fantastiques, d'outre-monde, avec des structures architecturales modernistes mutantes; portraits de femmes du milieu du vingtième siècle dans lesquels, par exemple, vêtements et cheveux se transforment en des champs d'images qui ressemblent à des plantes; et vrilles florales sinueuses qui rappellent les fioritures graphiques de l'ère victorienne. Toutes les œuvres ont été créées en faisant appel à un procédé de réserve inventé par Walker, procédé qui fait que l'image émerge à la suite d'applications multiples et simultanées de produits à base d'eau et d'huile qui produit souvent des résultats texturaux inattendus. Les surfaces simulent la glaçure bleue craquelée de la faïence de Delft du dix-huitième siècle - qui cite elle-même les porcelaines chinoises que les commerçants coloniaux hollandais prisaient tant. Les peintures sont les visites d'autres lieux que fait Walker - peut-être réels, peut-être imaginaires - dans lesquels des figures graphiques exotiques, humaines ou autres, flottent dans des champs ou des atmosphères qui évoquent la science-fiction.

Walker a créé de nouvelles peintures à l'échelle architecturale pour Autres mondes, peintures qui font la synthèse des éléments picturaux de son imagerie précédente en des œuvres uniques dont, au départ, une représentation pleine grandeur d'un cachalot flanqué d'un corps céleste qui rappelle la lune et d'un visage androgyne qui ressemble un masque. Pour les expositions suivantes, Walker a ajouté de nouvelles images : la présente exposition, pour demeurer fidèle au contexte insulaire, incorpore la crête d'une grosse vague dans la conversation visuelle. Les motifs craquelés des ‘espaces' intérieurs de nombre de ces représentations rappellent les structures cellulaires et les matières micro-organiques; présentées ensemble, ils forment des atmosphères transparentes qui rappellent les radiographies. En jouant avec ces relations complexes basées sur des images, Walker entrelace dans son œuvre des couches et des points de vue multiples - du télescopique au microscopique. Ces peintures explorent également l'idée plus vaste des relations et des tensions entre le physique et le fondamental. Une baleine - un migrateur mondial et le plus gros mammifère de la planète - partage l'espace de la salle du musée avec la lune et son orbite céleste qui régit les marées océaniques et les autres rythmes de la planète. La grosse vague effilochée représente la tension superficielle agitée et énergique entre l'eau et le ciel - la frontière entre la ligne d'horizon terrestre et les espaces d'ailleurs.

Sans signification précise, les images de Walker semblent véritablement enracinées dans une expérience d'une terre que, collectivement, nous connaissons. Et pourtant, il y a trop de petits dérapages, distorsions et enjolivements au sein des images pour que nous soyons convaincus que ce que nous regardons est de ce monde - ou d'un autre.


Organisée par la Dalhousie Art Gallery en partenariat avec la The Robert McLaughlin Gallery et la Kelowna Art Gallery

Peter Dykhuis et Corinna Ghaznavi, commissaires


20 octobre 2012 - 31 mars 2013
A-755 (Moon), (détail), 2011, huile sur papier