Archives des expositions


2014 Public Art Commission Shortlist Exhibition


Rebecca Belmore and Osvaldo Yero
Vent

Entre Province House et la Salle commémorative du Centre des arts de la Confédération, se trouve un poteau, arbre érodé, dépouillé de son écorce et de ses branches; tout en haut, un morceau de tissu collé contre le poteau semble avoir été, temporairement, retenu en place par la force du vent. Cette sculpture en acier inoxydable coulé rappelle les mâts de drapeau iconiques, ayant été sur le plan conceptuel transformée par la force des éléments, et se tenant également tel un « arbre solitaire ». Placé entre deux lieux historiques nationaux qui commémorent les débuts du Canada, endroit où les rêves d'une nation ont vu le jour, ce mât sculptural avec son drapeau qui-n'en-n'est-pas-un se trouve dans le royaume littéral de l'histoire et en tant qu'espace conceptuel de son appartenance en puissance. Ses origines en tant que bois modifié et tissu manufacturé coulés dans du métal, réunissent nature et monde social. Sur le plan spatial, sa surface polie réfléchit la lumière, jette des ombres et reflète spectateurs, espace, ciel et bâtiments. Temporellement, le soleil, la lune, le temps et les saisons font comprendre l'importante relation entre le vent, le tissu et le mât - entre les environnements naturels et manufacturés. Mue par les forces de la société et le mode physique, cette œuvre sculpturale reflète sans cesse des images de l'équilibre fragile entre humains et nature, sociétés et nation, et la place du Canada dans un monde planétaire.

Rebecca Belmore : née en 1960, Upsala, ON. Habite à Winnipeg, MB.
Parmi ses expositions solo : Rising to the Occasion, Vancouver Art Gallery, Vancouver, CB (2008); March 5, 1819, The Rooms, St. John's, TNL (2008); Fountain, 51e Biennale de Venise, co-commissaires Morris and Helen Belkin Art Gallery, Vancouver, CB et Kamloops Art Gallery, Kamloops, CB (2005); (2002). Parmi ses expositions de groupe : Oh, Canada, MASS MoCA, North Adams, MA (2012); NeoHooDoo:Art for a Forgotten Faith, The Menil Collection, Houston, TX (2008); Global Feminisms, Elizabeth A. Sackler Center for Feminist Art, Brooklyn Museum, Brooklyn, NY (2007); Terre, esprit, pouvoir, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, ON (1992).

Osvaldo Yero : né en 1969, Camaguey, Cuba. A immigré au Canada en 1997. Habite à Winnipeg, MB. Parmi ses expositions solo : Passage, Access Gallery, Vancouver C.-B. (2010); Loop galeria 23 y 12, La Havane, Cuba (2008); Hereafter, Xeno Gallery, Vancouver, C.-B. (2003); Landmark, Belkin Satellite Vancouver, C.-B. (2002); Transplant, Grunt Gallery, Vancouver, BC (2002). Parmi ses expositions de groupe : Dry Cleaning, Lavanderia, XI Havana Biennial (2012); Les conteurs, 29e Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul QC (2011); Antecomienzo, Factoria Habana, La Havane, Cuba (2009); Nuit Blanche Toronto ON (2006); Contemporary Art From Cuba: Irony and Survival on the Utopian Island, exposition itinérante organisée par l'Arizona State Art Museum et mise en tournée par Independent Curators International (ICI), New York (2001).

Michel de Broin
TROMPE D'ESCALIER

Le Centre des arts de la Confédération construit en 1964 est un exemple particulièrement réussi de l'architecture Brutaliste. Ce projet innovant contraste avec le caractère rustique de la ville de Charlottetown. Déposés sur une plateforme surélevée de quelques mètres, les bâtiments qui composent le site, soit le musée d'art, le théâtre, et la bibliothèque sont assemblés autour d'une place centrale bâtie en creux et recouverte d'un puits de lumière. Pour entrer dans le complexe, on plonge à l'intérieur de la place centrale par un escalier déployé comme un théâtre antique aux lignes pures. Cet accès central ouvre sur différentes ramifications souterraines que sont la bibliothèque, le théâtre et le musée d'art.
Or l'usage a démontré que l'entrée centrale, bien que somptueusement aménagée, n'était finalement pas si invitante pour le public. Son caractère monumental se révèle intimidant, et le public, désorienté par sa position centrale, cherchait en vain un accès sur le côté depuis la rue. Le projet architectural a donc été modifié ultérieurement, et c'est la porte arrière du musée qui est devenue l'accès principal.

Il n'existe pourtant pas d'escalier direct pour accéder à la nouvelle entrée, juchée en haut de la plate-forme. Il faut faire un détour d'une cinquantaine de mètres pour trouver l'escalier du théâtre, et donc longer l'édifice dans un sens, puis dans l'autre pour enfin atteindre la porte du musée. De plus, depuis la rue, la vue sur la porte d'entrée du musée se superpose à la vue des ordures entreposées en dessous de la plateforme. Lors de ma visite sur la site, j'ai été frappé par cette disposition incongrue et par l'idée que l'entrée du musée se fasse par le derrière du bâtiment qui est aussi le point d'évacuation des déchets. La proximité entre l'entrée du musée et son système d'évacuation crée aussi un paradoxe en contrastant avec la fonction de conservation et de rétention de l'institution muséale.

La solution ludique que je propose vient à la fois désigner le problème et offrir un nouvel axe de circulation tout en jouant sur la visibilité et la dissimulation des ordures. Cette intervention inédite est à la fois poétique et fonctionnelle : elle prend la forme d'un escalier qui se déploie pendant la journée et s'enroule sur lui-même le soir tombé. Il s'agit d'un détournement contemporain du pont-levis développé à l'époque médiévale. Si la définition traditionnelle de la sculpture est un objet autour duquel on peut tourner, ici cette sculpture gagne en autonomie en s'enroulant sur elle-même. De plus, les marches déployées permettent de créer un lien nouveau entre la rue et le musée, entre le haut et le bas, le trivial et le sacré.

L'escalier est constitué de 13 marches rappelant les 13 provinces et territoires de la Confédération canadienne. Chacune collabore au roulement mécanique de l'ensemble et se met en marche dans un mouvement collectif. Chaque jour, la connexion entre la rue et le musée est renouvelée par ce rituel. Le caractère ludique de la forme est contrasté par le rythme solennel du chant patriotique canadien qui accompagne l'élévation marche par marche de l'escalier. L'escalier s'enroule dans une forme sculpturale inédite pour dévoiler du même coup le spectacle dénudé des dessous du bâtiment.
L'œuvre sera réalisée dans le respect des normes de sécurité sous la supervision de la firme d'ingénieur conseil Nicolet, Chartrand, Knoll, inc. L'entreprise Lafontaine Ironwork a analysé ma proposition et m'assure pouvoir réaliser cet ouvrage à l'intérieur du budget alloué.

Trompe d'escalier offre une solution inédite à un problème architectural tout en ajoutant une dimension imaginaire et ludique au bâtiment brutaliste. Le mouvement quotidien de reconnexion du Musée d'Art avec la rue actualise de manière rituelle la performativité de l'art comme liant social.

Michel de Broin s'est taillé une réputation internationale grâce à ses projets de grande envergure tel que Majestic (Nouvelle-Orléans, 2011), Revolution (Rennes, 2010), La maîtresse de la Tour Eiffel (Paris, 2009), Overflow (Nuit Blanche, Toronto, 2008), Encerclement (Scape Biennale, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, 2006), Shared Propulsion Car (Exit Art, New York, 2005 / Mercer Union, 2007) et Révolutions (Collection de la Ville de Montréal, Parc Maisonneuve-Cartier, 2003). En 2007, il a reçu le prix Sobey Art. En 2010, Il a remporté le premier prix de la compétition artistique pour le Marie-Elisabeth-Lüders-Haus. L'œuvre, large de 20 mètres, sera installée en 2014 à proximité du Reichstag, à Berlin. Michel de Broin vit et travaille à Montréal.

Myfawny MacLeod
Une erreur n'est pas un échec

Une erreur n'est pas un échec s'inspire d'une carte postale de ma collection personnelle qu'elle recrée sous la forme d'une sculpture de bronze. La carte postale représente un homme coiffé d'un haut-de-forme et vêtu d'une jaquette à basques rampant après une soirée de beuverie. Je prévois placer cette sculpture dans le même axe que Dimension centenaire (1972) d'Henry Purdy afin de créer un lien entre les deux œuvres d'art. Mon but premier consiste à établir un dialogue entre le passé et le présent - dialogue en partie créé par l'accoutrement cérémonieux et démodé du personnage et par la juxtaposition d'un personnage prostré face à la sculpture moderniste abstraite verticale. Je m'intéresse également au contexte architectural du site. Le Centre des arts de la Confédération est, à de nombreux égards, un monument aux idéaux de l'époque. Construit à une époque où l'on considérait l'architecture comme étant un moyen d'aider à gouverner et à guider une amélioration comportementale et sociale « correcte », le style rationnel de l'édifice était lié aux proscriptions modernistes sur la manière dont les gens étaient sensés vivre et se déplacer. Les aspirations utopiques de l'architecture et de la sculpture reflètent l'optimisme et l'idéalisme du début des années 1960.

Au cours des 50 dernières années, cet optimisme et cet idéalisme, tout comme notre perception de l'intoxication en public, ont radicalement changé. Bien que je reconnaisse notre désir humain inné de commémorer une personne ou un événement important ayant une grande portée publique, mon but est de représenter quelque chose de notre besoin d'être déraisonnables en tant qu'individus. En plaçant un symbole de notre quotidien sur l'esplanade, Une erreur n'est pas un échec nous rappelle qu'en dépit de toutes nos bonnes intentions, nous sommes tous très humains.

Myfanwy MacLeod vit et travaille à Vancouver, C.-B. Elle est titulaire d'un baccalauréat de l'Université Concordia (1990) et d'une maîtrise en beaux-arts de l'Université de la Colombie-Britannique (1995). Elle a enseigné dans cette dernière université ainsi qu'au Emily Carr Institute of Art and Design, Vancouver. Au cours des 15 dernières années, ses œuvres ont fait l'objet d'expositions dans tout le Canada, aux États-Unis et en Europe. Plus récemment, on a pu voir son travail au Musée des beaux-arts du Canada dans Les Bâtisseurs. La biennale canadienne 2012. Museum London présentera une importante exposition solo de ses œuvres en 2013 et la Vancouver Art Gallery en 2014. Ses œuvres font partie de la collection du Musée des beaux-arts du Canada, de celle de la Vancouver Art Gallery ainsi que de collections privées canadiennes. En 2010, au printemps, la grande sculpture qui avait été commandée à MacLeod,The Birds (Les oiseaux) a été dévoilée et acclamée par le public sur la Place olympique, dans la Southeast False Creek Plaza de Vancouver. Elle est représentée par la Catriona Jeffries Gallery, Vancouver.

Althea Thauberger
L'Arche

Installation murale photographique de verre représentant 28 résidents de l'Île-du-Prince-Édouard.
Pour marquer le cinquantième anniversaire du Centre des arts de la Confédération, Thauberger et Vaughan proposent de créer ensemble une installation d'art de même qu'un réaménagement paysager qui redonnerait à coin sud-est de l'esplanade sa vocation en tant qu'importante place municipale qui relie des visages publics de la ville et ses citoyens. Ce réaménagement est en partie inspiré par la vision originale des architectes pour le site, pointe située à la limite ‘du moderne' (Centre des arts de la Confédération) se prolongeant dans le tissu historique (Province House) et le style de l'aménagement en terrasses du complexe, et en partie par l'usage qu'on en fait actuellement : un lieu de repos informel et un raccourci vers l'esplanade.

On érigerait sur place une sorte de ‘monument aux gens' qui prendrait la forme d'une murale photographique. Cette murale se composerait de photographies grandeur nature de 28 citoyens de l'Île-du-Prince-Édouard choisis comme étant représentatifs de la population générale selon la distribution statistique de ses résidents actuels. L'installation emprunterait le titre de l'abri-bio innovateur et maintenant détruit qui avait été construit sur la côte est de l'Île et se voudrait un clin d'œil à l'arche en tant que métaphore d'une île et de sa population interdépendante. Elle s'inspirerait de la tradition des murales sociales réalistes et serait créée en collaboration avec les personnes représentées et par des discussions avec elles. Comme les poses, interactions, costumes et thèmes seraient choisies en consultation, il est impossible de soumettre un portrait exact de l'œuvre avant sa création; cependant, l'image montrée donne les proportions approximatives ainsi que la relation par rapport aux regardeurs et à l'emplacement. Les personnages seront très détaillés et imprimés sur du verre transparent de sorte qu'on pourra les voir des deux côtés et de sorte que l'espace environnant et l'architecture seront visibles à travers l'œuvre.

Althea Thauberger est une artiste réputée pour ses projets qui éveillent l'intérêt des individus ou groupes de personnes qui sont représentés par le biais d'un processus de collaboration. Les œuvres, qu'il s'agisse de vidéos, de photographies ou de prestations, invitent à une discussion soutenue sur l'individualisme, le collectivisme, l'État et les relations de pouvoir explorées dans la représentation. Ses projets l'ont amenée à travailler avec des épouses de militaires de la base de San Diego, avec les membres d'une minorité linguistique du Nord de l'Italie, avec des objecteurs de conscience en Allemagne, avec de nouvelles mamans à Copenhague, avec des soldates canadiennes déployées en Afghanistan ainsi qu'avec les membres d'une troupe de théâtre traditionnel au Cachemire administré par l'Inde. Thauberger a également créé des œuvres d'art publiques avec Jean Augustine, la première députée noire, avec le comédien Nicholas Campbell, avec Monique Nolett-Ille, la dernière personne à pouvoir parler couramment la langue des Abénaquis ainsi que d'autres Canadiens bien connus.

Annabel Vaughan a étudié l'architecture et elle est l'associée principale du bureau de design publicLAB RESEARCH + DESIGN de Vancouver. Elle a enseigné à la School of Architecture and Landscape Architecture de l'Université de la Colombie-Britannique. Dans sa pratique, elle cherche à comprendre comment la ville de Vancouver est devenue ce qu'elle est, et comment la croisée de l'art et de l'architecture dans le domaine public façonneront la ville qu'elle deviendra. Ses œuvres ont récemment fait l'objet d'une exposition à la Vancouver Art Gallery et à La Fonderie Darling, Montréal; elle a été co-commissaire d'une exposition présentée au Centre A, Vancouver.

Douglas Coupland
Représentation proportionnelle
Une carte jardin canadienne

La Carte jardin est une carte du Canada à l'échelle humaine, de la taille d'une esplanade. Les visiteurs pourront se promener sur ce vibrant collage de provinces et de territoires - tous faits d'acier de ¾ pouce d'épaisseur et peints de brillantes couleurs vives. Ces couleurs sont basées sur les cartes du pays qu'on trouve dans les écoles primaires et recouvertes d'un fini robuste facile à nettoyer et anti graffiti. Finalement, ces pièces sont soudées à des bandes d'acier boulonnées au ciment sur lequel elles reposent. Du grès gris, identique à celui du reste du complexe, cachent le système d'ancrage.

La « plinthe » de 24 pieds carrés de l'œuvre se trouve six pouces au-dessus de l'esplanade et est bordée de bandes de granit noires et blanches qui évoquent le contour des cartes habituelles.

L'ironie psychologique de l'expérience que l'on vit dans cette carte est que toutes les provinces et territoires occupent exactement la même superficie. L'Île-du-Prince-Édouard est donc de la même taille que le Colombie-Britannique, qui semble être de la même grandeur que la Nouvelle-Écosse. C'est une façon amusante et inattendue d'interagir avec la cartographie canadienne. Cette expérience se complète par l'ajout des territoires nordiques dont la plupart des gens ne connaissent pas la composition.

L'atmosphère générale est enjouée, tout en étant esthétique et scientifique. L'expérience qu'en retire le spectateur est ponctuée par des éclairs d'idées au fur et à mesure que les gens établissent des liens nouveaux dans leur tête.


8 décembre 2012 - 27 janvier 2013