À l’affiche


Motion

27 janvier - 28 avril


Motion réunit le travail de onze artistes du Québec sur le motif de « motion ». Il en explore la dualité entre action et proposition, entre ce qui engendre le mouvement ou incite à la prise de position. La rencontre des œuvres produit une variété de points de vue performatifs, esthétiques, politiques et sociologiques témoignant ce qui active et motive, aujourd'hui, la pensée de l'artiste comme acteur du monde.

Cette double raison d'être met en branle, dans les œuvres réunies, des processus et des actions souvent absurdes et saugrenus, sorte de cercle infernal qui dirige notre attention sur les enjeux planétaires que sont devenus les questions de l'énergie et de la survie dans un monde où les réserves, qui ne sont pas toujours renouvelables, appellent des alternatives inventives. Détruire, mourir, nourrir, survivre : c'est à l'intersection de ces réalités incontournables qu'une motion se fait urgente, portée par ces observateurs du monde d'aujourd'hui que sont les artistes.

C'est ce que montre en partie la sélection des œuvres de BGL et de Michel de Broin, où la motion humaine vient remplacer les moteurs à combustion et actionne le déplacement de véhicules transformés et vidés de leurs composantes mécaniques. Chez Pascal Grandmaison, c'est le caractère sublime de l'or bleu, l'eau, qui se trouve exploré. Une ressource à première vue inépuisable dans les régions qui la gaspillent et dont la répartition géographique traduit la notion d'inégalité agrante qui caractérise le monde. Nadia Myre, d'origine algonquine, inscrit quant à elle ce qui disparaît de la culture quand les brumes du paysage effacent les tentatives de survie d'un peuple. Jean-Pierre Aubé porte son regard sur un ciel encombré des menaces invisibles que sont les fréquences radio alors que Patrick Bernatchez explore l'éternel cycle de la vie et de la mort, de la naissance et de la transformation.

Les mythologies du corps sont également un vaste sujet d'exploration pour plusieurs artistes, notamment chez Caroline Boileau où c'est dans un rapport à la santé qu'il est examiné, l'artiste empruntant la gure de l'apothicaire, tandis que Myriam Laplante le positionne dans une sphère relevant de l'expérimentation machiavélique et de la surveillance. Chih-Chien Wang nous ramène pour sa part du côté de la cellule familiale où, par le biais de la culture alimentaire et de la tentation, c'est l'expérience du quotidien qui se trouve explorée. Nelson Henricks et Eduardo Menz trouvent tous deux le moyen de nous confronter à une n imminente, dans un décompte très mécanique chez le premier et, chez le second, dans un ralenti poétique qui évoque davantage un lent gémissement qu'une disparition soudaine.